Lettera aperta al sindaco di Cagliari



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Patricia Bourcillier
Cagliari
Sardegna

6 novembre 2012



All'attenzione di
Massimo Zedda
Comune di Cagliari
Palazzo Civico via Roma, 145
09124 Cagliari




J'accuse !

L'accuso, Signor Sindaco, di rendersi complice, quanto meno per mancanza o debolezza di carattere, di una delle maggiori cause di degrado del quartiere della Marina dove abito da vent'anni: l'inquinamento acustico.

Oltre ad avere gravi ripercussioni sulla salute (irritabilità, emicranie, ipertensione, insonnia, depressione) e sulla qualità di vita delle persone esposte, gli assembramenti notturni nelle strade e nelle piazze del centro storico sono la manifestazione di una assenza assoluta di senso civico.

Lei che pretende di voler preservare la gioventù dagli incidenti stradali, incoraggiando, per incoscienza, la trasformazione del cuore della città in un immenso pub a cielo aperto, appena cala la notte, non fa che abbandonarla all'infantilismo che domina la nostra società, inebriata di se stessa, dato che il bere sregolatamente fino al mattino è come rimanere attaccati al biberon, al riparo dalla vita.

Certo è più facile incoraggiare i giovani a stordirsi di continua movida - la quale consiste nell'annullare il desiderio prevenendone la mancanza prima ancora che esso si manifesti - piuttosto che rispondere alla loro sete di conoscenza, che nessuna birra potrà colmare (in francese, dopotutto, birra è omonimo di bara).

Quando la parola d'ordine di una società diventa 'storditevi' o 'fate il vostro piacere', l'imperativo dello svago non può essere una conquista personale, una trasgressione voluta ed espressa, ma solo un obbligo, un servizio reso alla società alla quale bisogna sottomettersi per essere accettabili. Ma così funzionano gli imperativi sociali finalizzati a scopi commerciali e non di benessere, i quali tendono ad eliminare dalla scena sociale gli individui che le oppongono resistenza.

Mi pare che lei, Signor Sindaco, sia diventato maestro in questo campo, schierandosi dalla parte dell'imperativo dello svago; in altre parole, distogliendo i giovani dai problemi del loro futuro e ignorando le voci di protesta indignata degli abitanti, alle prese con l'inciviltà di chi gestisce bar e circoli con l'intento di soddisfare il piacere del branco. Qualcuno le dovrebbe aver bene insegnato una libertà possibile perché un giorno le si possa rivelare...

Aggiungerò che il rispetto di cui i figli sono fatti oggetto è pari al disprezzo in cui essi son tenuti. Li si sovraespone ai beni di consumo più svariati, li si riempie letteralmente di tutto, tranne che di presenza, di tempo, di dedizione.

È un grave errore, da parte sua, Signor Sindaco, il pensare sinceramente di difendere gli interessi della gioventù cagliaritana, concedendole l'accesso alla movida. La Movida, sappia, dà solo l'illusione del movimento; non cambia nulla alla noia della vita vuota e priva di alcuna prospettiva; produce soltanto un orrendo baccano che impedisce agli individui di pensare e di agire da soli; non alimenta che l'inerzia di una folla supina, contenta che le si propini un'animazione a discapito della gioia che procura la libertà, la libertà quale 'spirito libero' che invita a discutere e a fare buon uso della Parola.

Accetti, Signor Sindaco, i miei sentimenti contrastanti di tristezza, rabbia e sorpresa.

Patricia Bourcillier



Patricia Bourcillier è l'autrice di SardegnaMadre – L'Île et l'Autre, pubblicato nel 2003.







Patricia Bourcillier
Cagliari
Sardegna

6 novembre 2012



Lettre ouverte à l'adresse de
Monsieur le Maire Massimo Zedda
Comune di Cagliari
Palazzo Civico via Roma, 145
09124 Cagliari




J'accuse !

Je vous accuse, Monsieur le Maire, de vous rendre complice, tout au moins par aveuglement ou faiblesse d'esprit, d'une des plus grandes causes de dégradation du quartier de la Marina où j'habite depuis 20 ans: la pollution acoustique. Outre le fait que cette dernière a des répercussions graves sur la santé (irritabilité, migraines, hypertensions, insomnie, dépression) et la qualité de vie des personnes exposées, les rassemblements nocturnes dans les rues et sur les places du centre historique sont la manifestation d'une absence inouïe de sens civique.

Vous qui prétendez vouloir mettre à l'abri des accidents de voiture la jeunesse de Cagliari en encourageant, par inconscience, la transformation de la vieille cité en un immense pub à ciel ouvert dès que la nuit tombe, vous ne faites au contraire que l'abandonner à l'infantilisation (boire démesurément jusqu'au petit matin étant une manière de " biberonner " à l'abri du manque et de la vie) qui anime notre société, enivrée à elle-même. Incitez donc plutôt la jeunesse à devenir civilement responsable !

Il est certes plus facile d'encourager les jeunes à s'enivrer de movida constante - qui consiste à annuler le désir en devançant le manque avant même qu'il ne s'ébauche - que de répondre à leur soif de connaissance qu'aucune bière ne comblera jamais. (La bière en français est du reste homonyme de cercueil...)

Quand le mot d'ordre d'une société devient "étourdissez-vous ! " ou " faites-vous plaisir ! ", l'impératif du divertissement (du latin " divertere ", détourner) ne peut être une conquête personnelle, une transgression voulue, exprimée, mais un devoir rendu, un service auquel il faut se plier pour être acceptable. Car ainsi fonctionnent les impératifs sociaux, établis désormais à des fins commerciales et non pas de bien-être ; ils tendent à éliminer de la scène sociale les individus qui leur résistent.

Il me semble que vous êtes passé maître en la matière en vous situant du côté de l'impératif du divertissement. Autrement dit, en ignorant les appels de protestation indignée des habitants aux prises avec l'incivilité de certaines personnes qui gèrent bars et clubs, fort attentives au plaisir du troupeau. Mais sans doute faut-il que quelqu'un ait imaginé pour vous la liberté possible pour qu'un jour elle se manifeste dans votre vie...

J'ajouterai ici que la dévotion dont les jeunes font l'objet n'a d'égal que le mépris dans lequel on les tient. On les surexpose aux biens de consommation les plus divers, on les abreuve littéralement de tout, sauf de réelle présence, de temps, de disponibilité.

C'est une erreur terrible de votre part, Monsieur le Maire, de penser sincèrement que vous défendez les intérêts de la jeunesse de votre ville, parce que vous leur donnez accès à la movida. La Movida, sachez-le, donne seulement l'illusion du mouvement ; elle ne change rien à l'ennui de la vie vide et immobile, sans horizon aucun ; elle ne produit qu'un affreux brouhaha qui empêche les individus de penser par eux-mêmes et d'agir ; elle n'engendre que l'inertie d'une foule moutonnière, contente qu'on lui ait fourni une animation, à défaut de la joie que provoque la liberté, cet " esprit libre " qui invite à questionner et à faire un usage efficace de la Parole.

Acceptez, Monsieur le Maire, mes sentiments mêlés de tristesse, de colère et de surprise.

Patricia Bourcillier



Patricia Bourcillier est auteure de SardegnaMadre – L'Île et l'Autre, publié en 2003.